IFRS18 MPM (Management Performance Measures)
IFRS 18 MPM : Principes fondamentaux
L’IFRS 18 est une nouvelle norme qui redéfinit la présentation des états financiers. Elle a pour objectif de renforcer la transparence de l’information financière pour l’ensemble des utilisateurs (investisseurs, analystes, créanciers). Parmi ses apports majeurs figurent l’IFRS18 MPM (Management Performance Measures). C’est une information financière supplémentaire qui reflète la vision du management sur la performance de l’entité. Les MPMs se réfèrent à la profitabilité.
Les entités doivent publier leurs MPM (comme l’EBITDA ajusté) dans une note annexe unique et dédiée. Elles peuvent aussi, sous certaines conditions, les insérer dans le compte de résultat. Dans tous les cas, ils doivent se conformer aux normes IFRS.
Cette note doit contenir pour chaque MPM :
- une description de son utilité et de son mode de calcul
- un rapprochement détaillé vers le sous-total IFRS le plus proche.
L’objectif est de fournir une information pertinente aux utilisateurs des états financiers. C’est notamment le cas lorsque le niveau de détail souhaité ne peut pas figurer directement dans le compte de résultat. Alors, il va en annexe.
Attention toutefois, la qualification de MPM répond à une définition précise et à des critères cumulatifs stricts. C’est parce qu’un indicateur remplit cette définition qu’il entre dans le périmètre d’audit légal, et non l’inverse. Toute information supplémentaire publiée par l’entité (résultat par action, ratios de liquidité …) n’est donc pas automatiquement un MPM.
IFRS18 MPM : Définition
La norme IFRS 18 définit un MPM (Management-defined Performance Measure) comme un sous-total du résultat. Cela signifie que l’IFRS18 MPM doit systématiquement inclure à la fois des produits et des charges. Il doit également porter sur l’entité dans son ensemble, et non sur un simple composant ou segment.
Un indicateur qui ne comporterait que des produits (par exemple, un chiffre d’affaires organique) ou que des charges (par exemple des frais de personnels ajustés) ne répond donc pas à la définition d’un MPM. Il n’est pas soumis aux obligations de rapprochement et d’audit spécifiques de cette norme.
La raison : le MPM doit refléter une mesure de performance globale partielle, en cohérence avec la logique du compte de résultat.
Ce sous-total de résultat présente trois caractéristiques :
- Il est communiqué en dehors des états financiers
Le rapport de gestion ou un communiqué de presse peut par exemple inclure des MPM.
- Il comprend des éléments de produits et de charges issus du compte de résultat
Cependant, l’IFRS18 MPM ne constitue pas un sous-total défini par la norme (comme le bénéfice d’exploitation ou la marge brute).
Le bénéfice brut, par exemple, est un sous-total obligatoire du compte de résultat. Il s’applique pour les entreprises dont l’activité principale est la vente de marchandises (chiffre d’affaires net – coût des ventes = bénéfice brut).
Contrairement aux MPM, il est défini directement par la norme, et non par la direction.
- Il est utilisé par la direction pour communiquer aux investisseurs sa vision de la performance financière de l’entité.
L’entité publie ainsi cette information en dehors des états financiers. Contrairement aux sous-totaux définis par la norme (comme le résultat opérationnel), les MPM sont spécifiques à chaque entité.
L’IFRS18 MPM vs APM
L’APM (Alternative Performance Measure) est un terme plus large que le MPM : les MPM en sont un sous-ensemble strict.
Les entités doivent répondre aux besoins d’informations des investisseurs qui souhaitent évaluer la performance de l’entité, au-delà du seul profit.
Elles publient à cet effet différents ratios, appelés KPI (Key performance indicators) ou APM. Le résultat par action en est un exemple : c’est un indicateur de performance. Mais, il n’existe pas dans les états financiers. La norme exclut d’ailleurs le résultat par action de la catégorie MPM.
Définition des APM
L’APM est un terme générique. Il couvre tout indicateur de performance financière (résultat, position financière ou flux de trésorerie) non défini par le référentiel comptable.
Cela inclut les ratios, les données de bilan (par exemple, la dette nette) et les flux de trésorerie (par exemple, le free cash-flow).
Le MPM, à l’inverse, est une catégorie spécifique créée par l’IFRS 18. Pour qu’un APM soit qualifié de MPM, il doit respecter trois critères cumulatifs stricts :
- être un sous-total de produits et de charges (excluant donc les indicateurs de bilan ou de flux de trésorerie)
- être communiqué publiquement en dehors des états financiers
- refléter la vision de la direction sur la performance financière de l’entité dans son ensemble.
Sont par ailleurs explicitement exclus du champ des MPM :
- les indicateurs relatifs à un segment ou composant de l’entité plutôt qu’à l’entité dans son ensemble
- les montants liés à l’impôt sur le résultat
- les montants liés aux flux de trésorerie
- et le résultat par action.
Fine classification des IFRS18 MPM
Tous les MPM sont des AMP. Mais l’inverse n’est pas vrai.
Le free cash-flow ou la dette nette sont des APM car non définis par les IFRS. Ils ne peuvent pas néanmoins être des MPM : ce ne sont pas des sous-totaux de produits et de charges du compte de résultat. Ils échappent donc aux obligations spécifiques de l’IFRS 18 (note unique, audit, rapprochement).
L’EBITDA ajusté, en revanche, est à la fois un APM et un MPM. Il doit respecter simultanément les lignes directrices de l’ESMA pour sa communication externe et l’IFRS18 pour l’inclusion dans les états financiers audités.

L’IFRS18 MPM et compte de résultat
Un MPM conserve son statut quelle que soit sa localisation (compte de résultat ou annexe).
Une entité peut donc le présenter dans le compte de résultat en tant que sous-total additionnel, sous réserve de respecter des règles de présentation précises :
- la reconnaissance et la mesure de montants conformes aux IFRS
- la compatibilité avec la structure du compte de résultat pour fournir un résumé structuré utile
- une prééminence des totaux et sous-totaux obligatoires par rapport aux sous-totaux additionnels
- une dénomination non trompeuse des sous-totaux.
Si un MPM ne respecte pas ces règles, il n’est pas inclus dans le compte de résultat ; une mention en notes annexes s’impose alors.
Le piège à éviter : Le fait d’inclure un MPM dans le compte de résultat ne dispense jamais de l’obligation de la note annexe unique.
- Dans le compte de résultat : Le MPM apparaît comme un sous-total additionnel (par exemple, résultat opérationnel ajusté) pour faciliter la lecture.
- Dans les annexes : La note dédiée aux MPM reste obligatoire. Elle doit contenir la définition, le mode de calcul et le rapprochement vers le sous-total IFRS le plus proche.
L’IASB a en fait conçu cette règle pour éviter que les états financiers ne deviennent illisibles à force de sous-totaux. Toutefois, l’organisme régulateur a souhaité que les entités mettent en avant leurs indicateurs clés là où les investisseurs les cherchent habituellement : le compte de résultat.
Conclusion
L’IFRS18 MPM repose sur cinq piliers essentiels :
- Une définition stricte : un MPM est un sous-total de produits et de charges portant sur l’entité dans son ensemble
- Son origine : un usage externe (rapport de gestion, communiqué de presse)
- La flexibilité de sa localisation : compte de résultat ou annexes
- Une obligation de transparence : une note annexe unique comprenant définition, utilité et rapprochement
- Une distinction APM/MPM : tous les MPM sont des APM mais l’inverse est faux.
L’IFRS18 ne prohibe pas les indicateurs de gestion personnalisés. La norme, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, met fin à l’opacité en les intégrant pleinement dans le périmètre de l’audit légal et en imposant une réconciliation rigoureuse.

