RSE, maillon manquant de la comptabilité ?

La responsabilité sociale de l’entreprise dite en abrégée RSE est un enjeu majeur contemporain. A ce titre, la dernière réunion du G7 ce week-end dernier traitait de la détermination de ces pays à lutter contre le réchauffement climatique et la pollution des océans.

Mais de quoi parle t-on ?

Définition de la RSE

Selon l’Union Européenne, la RSE consiste en :

  • « l’intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes. Être socialement responsable signifie non seulement satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi aller au-delà et investir davantage dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes ».

Autrement dit, la RSE renvoie aux principes de développement durable. En effet, ceux-ci regroupent les aspects sociaux et environnementaux dans nos économies globalisées. L’entreprise est alors censée satisfaire toutes les parties prenantes. Ces parties incluent notamment les actionnaires, les employés ou encore les fournisseurs. In fine, il est question de prendre conscience de l’impact de son activité sur la société dans son ensemble.

Et pourtant, en France, cette préoccupation ne date pas d’aujourd’hui :

Principales étapes  du développement de la RSE

⦁    création du bilan social dès 1977. Ce bilan regroupe des indicateurs clés dans le domaine social. On peut citer notamment les rémunérations, les conditions de santé ou bien la formation

⦁    création de nouvelles régulations économiques (loi NRE) en  2001 : les grandes entreprises doivent désormais inclure des éléments extra-comptables dans leurs comptes annuels. Puis, le champ d’application s’est élargi avec la loi Grenelle de 2010

⦁    création de normes internationales à partir de 2012 dont la norme ISO 26000.
L’objectif est d’enrichir la mesure de la performance de l’entreprise. Il est question alors de trois dimensions dites “triple bottom line”(expression de John Elkington, 1998). Plus précisément, elles comprennent les aspects  financier, environnemental et social. On parle également des 3 Ps i.e. “Planet, People, Profit”.

Selon la directive européenne du 22 octobre 2014, les entreprises doivent remplir l’une des deux conditions suivantes :
– nombre moyen d’employés >= 500
– chiffre d’affaires >= 100 millions d’euros
Si c’est le cas, alors elles doivent intégrer leurs actions de RSE dans le rapport de gestion.

Ce n’est qu’en juillet 2017 que la France a transposé la directive européenne. Désormais, les entreprises doivent publier une”déclaration de performance extra-financière”.

Absence de traduction comptable de la RSE

Par conséquent, l’Union européenne a fini par formaliser le concept du RSE. Il prend ainsi la forme d’un ESG (“reporting environnemental, social & governance”) reporting. Néanmoins, l’effort des organisations en matière de RSE est encore loin de se traduire pleinement dans les comptes annuels.
Qu’en est-il réellement aujourd’hui ? Quel bilan peut-on tirer de la prise de conscience de la RSE sur la communication financière des entités? Le bilan est mitigé :

⦁    Avantages
– amélioration de la comparaison des états financiers au niveau européen. En effet, il est possible de comparer tant le plan sectoriel que géographique.
– souci de transparence de l’information à destination des parties prenantes
– meilleure information dans la prise de décision des opérationnels. Ceci est non négligeable notamment pour les investissements.

⦁    Inconvénients
– libre choix des sources. Par conséquent,  la publication des informations à fournir n’est pas contrainte.
– inexistence de normes comptables (inter)nationales consacrées exclusivement à la RSE. Il n’est pas ici question de secteurs spécifiques ( IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales ou IAS 41 Agriculture)

⦁    Nécessite d’apports d’informations sous diverses formes
– possibilité de créer un rapport environnemental à part entière
– politique de communication RSE renforcée : site internet de l’entreprise, newsletters, supports multimedia, etc.  Airbus en est un bon exemple.

En guise de conclusion

La responsabilité sociale des entreprises est bel et bien présente dans les rapports annuels des organisations. Cela permet ainsi aux investisseurs, clients et autres parties prenantes de se faire une opinion  en la matière. En outre, une mesure de la performance est réalisée au-delà de simples critères financiers. L’entreprise peut alors appliquer la fameuse “triple bottom line”. Ainsi, elle pourra mesurer l’impact des activités de l’entreprise sur la société.

Cependant, en interne, les professionnels du chiffre et/ou de la communication doivent encore davantage aider les opérationnels. En effet, il est question de jauger leurs efforts en matière de responsabilité sociétale. Il convient alors de ne pas oublier le caractère traditionnel des supports comptables existants.

Pour en savoir plus :

Forbes.com : CSR : Trends to look for in 2018

The social responsibility of business | Alex Edmans | TEDxLondonBusinessSchool
(video : durée : 17 min)

 

 

Françoise R.

Françoise R.

Passionnée de finance d'entreprise et de management, je partage avec vous des nouvelles et des contenus thématiques autour du management financier. Si vous avez envie de partager votre avis après avoir lu ce post, n'hésitez pas à laisser un commentaire.

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