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Changements IFRS 2026 en France : Guide audit & reporting ESG

Eu égard aux changements IFRS 2026 en France, de nombreux professionnels de l’audit et de la comptabilité se demandent déjà comment anticiper les évolutions réglementaires qui façonneront les états financiers. 

En effet, à partir du 1er janvier 2026, plusieurs amendements IFRS entrent en vigueur. Parallèlement, les autorités comme l’AMF et l’ESMA resserrent leur supervision sur la cohérence entre reporting financier et durabilité. 

Ainsi, ceci impacte directement : 

  • la qualité des audits
  • la gouvernance des émetteurs cotés
  • et la protection des investisseurs

dans un contexte de transition écologique et géopolitique tendu.​

Changements IFRS 2026 en France : Les 3 normes à maîtriser dès janvier

IFRS 9 & 7 : Simplification des contrats énergie et règlements électroniques

Tout d’abord, les amendements IFRS 9 et IFRS 7 constituent une priorité majeure. Plus précisément, ils clarifient la comptabilisation de certains contrats d’énergie et passifs financiers. 

En effet, pour les contrats d’électricité dépendant de la nature, dits « nature-based PPAs » (Power Purchase Agreements), ces évolutions permettent désormais de les exclure du champ de couverture comptable si les volumes dépendent de facteurs naturels imprévisibles, comme le vent ou le soleil. Par conséquent, les entreprises énergétiques ou industrielles consommatrices verront leurs hedges simplifiés, et cela réduit les volatilités artificielles dans les résultats. 

De plus, concernant les passifs réglés par virement électronique, l’amendement précise que ces règlements nets constituent un remboursement de principal. Ainsi, il ne s’agit pas d’un achat/revente d’actif. De ce fait, ceci évite des reclassements intempestifs en trading. Par conséquent, l’application prospective de ces règles implique des disclosures anticipées dès les comptes 2025. C’est ce que recommande l’AMF dans son document 2025-08.​

IAS 21 : convertibilité des devises et impact sur les trésoreries

Ensuite, les amendements à IAS 21 sur l’absence de convertibilité des devises étrangères en 2025 méritent une attention particulière. En fait, dans un monde post-2025 marqué par des tensions géopolitiques, les impacts continueront à se faire sentir en 2026. Dans ce cadre, de nombreuses devises émergentes ou exotiques posent problème. 

Prenons l’exemple d’une devise qui n’est pas convertissable en une devise « large » (comme l’euro ou le dollar) sans aucune restriction significative. Dans ce cas, les soldes monétaires doivent désormais être revalorisés à la « spot rate » ajustée. Aussi, cela peut générer des pertes ou gains en capitaux propres plus importantes. 

De surcroît, les entreprises exportatrices vers l’Afrique ou le Moyen-Orient, exposées à des monnaies instables, devront documenter rigoureusement ces jugements. Par conséquent, elles devront renforcer leurs tests de sensibilité FX dans les modèles de risques financiers. 

Enfin, ces changements s’appliquent également prospectivement. Aussi, les auditeurs attendent des impacts quantifiés en notes annexes pour l’exercice 2025.​

Anticipation IFRS 18 : révision des indicateurs de performance dès 2026

Par ailleurs, bien que IFRS 18 (nouvelle norme sur la présentation des performances) ne s’applique qu’en 2027, son ombre plane déjà sur 2026. Plus concrètement, les entreprises doivent anticiper les révisions des catégories de résultat (opérationnel vs non-opérationnel) et des agrégats de gestion. Ainsi, les Alternative Performance Measures (APM) devront être réconciliés plus strictement avec les sous-totaux IFRS. Aussi, cela prépare le terrain pour une cohérence accrue avec les disclosures ESRS sous CSRD. 

De fait, l’ESMA, dans ses priorités d’enforcement 2025 reconduites pour 2026, insiste sur IFRS 8 (segments d’activité). Les entreprises doivent démontrer que leurs segments reflètent fidèlement la gestion interne, surtout en période d’incertitudes géopolitiques ou tarifaires.​

Enfin, l’articulation entre IFRS et durabilité atteint un pic d’exigence. Ainsi, l’AMF et l’ESMA exigent une « double matérialité » connectée. Concrètement, les risques climatiques (transition, physique) ou liés au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’UE doivent apparaître à la fois dans :

  • IFRS 7 (risques financiers),
  • IAS 36 (impairment)
  • et les rapports ESRS,

et cela via hyperliens ou références croisées. 

Par conséquent, les émetteurs français sous CSRD (nouveaux seuils : +1000 employés et 450M€ de chiffre d’affaires dès 2026) ne pourront plus dissocier leurs états financiers des déclarations de durabilité. De plus, les simplifications ESRS attendues n’allègeront pas cette obligation fondamentale.​

Les nouvelles réglementations financières pour 2026 transforment le rôle des auditeurs et comptables. En fait, ils deviennent des garants de la transparence globale, au-delà du simple contrôle technique. Ils doivent désormais concilier des jugements complexes avec les pressions réglementaires. L’enjeu est de transformer ces défis opérationnels en leviers d’excellence professionnelle.

Changements IFRS 2026 France : Comment préparer son audit et son reporting ESG

Changements IFRS 2026 en France : Checklist audit (PPAs, FX, MACF et segments IFRS 8)

Premièrement, la revue des instruments financiers sous IFRS 9/IFRS 7 exige une vigilance accrue sur les contrats PPAs et virements électroniques. Pour cela, les professionnels du chiffre doivent intégrer ces amendements dans leurs programmes d’audit 2025. Par exemple, lors des tests de substance, il convient de :

  • interroger la direction sur l’identification exhaustive des PPAs nature-based,
  • et de demander des simulations prospectives d’impact sur les capitaux propres ou les ratios de levier. 

De surcroît, il est utile de documenter les échanges pour contrer tout risque de non-conformité lors des inspections AMF/ESMA. En effet, ces autorités privilégient désormais les contrôles ex-post sur les disclosures prospectives. 

En pratique, cela signifie aussi sensibiliser les comités d’audit via des memoranda dédiés. Ainsi, c’est une manière de transformer une contrainte en opportunité de valeur ajoutée.​

Deuxièmement, pour IAS 21, les professionnels doivent challenger les hypothèses de convertibilité. Ceci est particulièrement pour les groupes internationaux. Cela passe par une cartographie des devises à risque actualisée trimestriellement.

Prenons le cas d’un exportateur français vers des marchés émergents. Si le real brésilien ou le naira nigérien pose des restrictions, il convient de :

  • recalculer les expositions FX
  • et de les intégrer aux stress-tests de liquidité.

En conséquence, les rapports d’audit gagnent en robustesse en incluant des scénarios alternatifs. En parallèle, les CAC renforceront leur rôle critique vis-à-vis des investisseurs. 

Enfin, il est opportun d’aligner ces analyses avec les disclosures ESG. Ceci est dû au fait que les risques de change géopolitiques recoupent souvent les enjeux de transition durable.​

Double matérialité IFRS-ESRS : Réconcilier chiffres et durabilité

Troisièmement, la cohérence IFRS-ESG représente le cœur des défis. A ce titre, les professionnels du chiffre jouent un rôle pivot dans la validation de la double matérialité. Concrètement, il est pertinent de refuser les disclosures silos.

Au contraire, les impacts MACF (coûts carbone sur exports UE) doivent être :

  • chiffrés dans IFRS 7,
  • reliés à IAS 36 pour les actifs intangibles exposés,
  • et hyperliés aux ESRS 2 (climat). 

Par ailleurs, pour IFRS 8, il est utile de tester la fidélité des segments en challengeant les KPI management. Par exemple, si un APM intègre des provisions géopolitiques, il faut alors demander une réconciliation IFRS détaillée, puis, évaluer sa pertinence stratégique. Ainsi, lors des réunions de closing, des questions ouvertes doivent être posées sur la gouvernance ESG. Aussi, cela élève le débat au niveau du board.​

Quatrièmement, le rôle du CAC évolue vers une supervision holistique. En fait, les professionnels du chiffre doivent renforcer les tests sur les dispositifs internes de reporting ESG. Par exemple, ils doivent vérifier que les comités d’audit ont validé l’empreinte carbone des filiales exportatrices. Ensuite, ces points doivent être intégrés dans la lettre de synthèse ou le rapport spécial.

De surcroît, il est nécessaire d’anticiper IFRS 18 en revoyant dès 2025 la présentation des performances. En effet, les divergences entre operating profit IFRS et EBITDA management attireront l’attention des régulateurs. 

Au total, les professionnels devront se positionner comme partenaires stratégiques. En parallèle, les structures formeront leurs équipes via des ateliers sur doc. AMF 2025-08. 

Outils & planning 2025-2026 : Workpapers, stress-tests et formation des équipes

Enfin, la documentation et la planification d’audit deviennent critiques. Effectivement, les risques de litige ou de sanction ESMA grimpent avec les incertitudes mondiales. Par conséquent, l’adoption de workpapers standardisés doivent couvrir des jugements significatifs (convertibilité, MACF, segments). Ensuite, il convient d’archiver les minutes de comités d’audit.

Ainsi, le bénéfice est double :

  • la sécurisation de la mission,
  • mais vous aussi, l’anticipation des tendances comme les simplifications ESRS ou IFRS 18. 

En pratique, cela passe par des outils digitaux pour tracer les liens IFRS-ESG.

Conclusion prospective : Vers un audit augmenté par l’IA et la durabilité

En définitive, les changements au 1er janvier 2026 ne sont pas qu’une mise à jour technique. Il s’agit d’un catalyseur pour repenser l’audit dans une ère de transparence totale. Ainsi, à l’horizon 2027 avec IFRS 18 et CSRD pleine application, ceux qui maîtrisent dès aujourd’hui la convergence IFRS-ESG deviendront indispensables. 

Par ailleurs, l’essor de l’IA pour analyser empreintes carbone ou stress-tests FX offrira des gains d’efficacité. Aussi, les cabinets qui investiront dans ces outils pourront doper leur compétitivité. 

Finalement, en France, sous l’égide AMF/ESMA, cette évolution protège mieux les investisseurs. Elle propulse également la place financière européenne au premier plan mondial.​

Françoise Rennes

Marquée par un intérêt grandissant pour l’audit, je décrypte avec un regard critique et pédagogique les évolutions de l’audit, de l’information financière et des enjeux extra-financiers, notamment ESG, qui redéfinissent notre profession. À travers ce blog, j’explore les sujets d’actualité, les innovations technologiques (comme l’IA) et les défis de gouvernance qui façonnent l’avenir de la confiance en entreprise. Chaque article se veut une invitation à réfléchir, questionner et faire évoluer ensemble les pratiques du métier. Si un point vous interpelle, n’hésitez pas à partager votre avis en commentaire.

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